Encourageons les moins de 35 ans à investir dans nos entreprises avec un PEA jeunes

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LE CERCLE/POINT DE VUE – 77 % des jeunes de 18 à 35 ans sont prêts à investir dans une entreprise, mais trop peu sautent le pas. Une solution pour les encourager à le faire serait de créer un plan d’épargne en actions (PEA) jeunes.

Alors même qu’on assiste en 2016 à une légère reprise de la croissance française, certes timide et encore trop largement en-dessous de la moyenne européenne ( 1,1% en France , 1,7% dans l’Eurozone , 1,9% dans l’Union européenne ), il est plus qu’urgent de s’interroger sur la meilleure manière de l’accélerer et de la pérenniser.

Encore faut-il décrypter les leviers et les freins à cette croissance ou plus modestement connaître quelques fondamentaux économiques. Encore faut-il partager ce goût et cette envie de croissance avec tous les Français.

Une culture économique et financière qui manque

Il est souvent reproché aux Français de manquer de culture économique et financière, voire de ne pas être capable de calculer le rendement d’un capital à partir d’un taux d’intérêt.

Notre pays s’illustre par ses résultats très moyens au classement PISA . Les Français avouent avoir une piètre culture financière et pour près de 80% d’entre eux , ils déclarent peu s’y connaître en matière de placements financiers. Et pourtant la soif d’apprendre est là : 79% d’entre eux sont désireux d’en apprendre davantage sur les rouages économiques et financiers et cela même durant leur scolarité (source : Etude Credoc).

Cette culture économique et financière, ce goût du risque, cette envie d’investir dans le tissu économique français, doivent se transmettre dès le plus jeune âge. Nos dernières générations, et notamment les moins de 35 ans, sont de véritables « investisseurs en entreprise en puissance » (sondage OpinionWay pour Actionaria – 19 octobre 2016). Encore faut-il les encourager et pour cela créer un environnement propice à leur volonté d’agir au service de notre économie !

Car ces jeunes disposent de nombreux atouts pour dynamiser l’actionnariat français qui en a tant besoin.

La nouvelle génération est prête à investir

Nos entreprises attendent d’être soutenues, elles manquent cruellement aujourd’hui de visibilité et de financements pour se développer, innover, exporter, recruter. Notre pays est atteint du syndrome du « small is beautiful », on soutient les start-up, mais on aide insuffisamment les entreprises à grandir et à changer de taille.

Or pour se développer, les entreprises ont besoin de capitaux et d’actionnaires, elles ont besoin d’un environnement fiscal stable qui leur permette de se projeter dans l’avenir. Leurs investisseurs attendent que leur risque soit rémunéré sans être pénalisés par une fiscalité cumulative et excessive qui place notre pays parmi les excentricités européennes.

Les jeunes de la nouvelle génération ont les clés pour vivifier l’investissement en actions en France.

Ils détiennent une épargne solide : 80% des 18-35 ans épargnent une partie de leurs revenus liés au travail ) (sondage OpinionWay pour l’ANSA).

Ils sont prêts à investir dans les entreprises pour 77 % d’entre eux ; soit parce qu’ils la créent, soit parce qu’un de leurs proches pourrait la créer.

Ils ont compris pour près de 35% d’entre eux que ces investissements dans les entreprises sont utiles à l’économie.

Encourager les jeunes à investir

Alors, comment pouvons-nous encourager nos jeunes à investir dans nos entreprises ? Par une série de mesures.

Tout d’abord améliorer leur éducation financière et cela dès le plus jeune âge : dès que les enfants sont au collège, ils peuvent être initiés à des mécanismes simples d’investissement ainsi que découvrir l’actualité des entreprises et leurs enjeux budgétaires, voire même cerner des notions de rentabilité.

Leur permettre de suivre au plus près l’actualité de l’ensemble des acteurs du monde financier avec de nouveaux outils d’échanges et de formation comme par exemple le premier réseau social destiné aux actionnaires et investisseurs individuels, initié par la F2IC.

Leur offrir une gamme d’investissements qui les concerne et qui les implique directement dans la vie des entreprises, leur facilitant des investissements de proximité dans leur entreprise ou celle de leurs proches, leur permettant d’agir dans des actions citoyennes…et cela à des moments charnières pour eux, comme leur premier emploi.

Enfin créer des véhicules financiers simples à appréhender et fiscalement intéressants.

S’initier aux rouages économiques

L’ANSA dans le cadre de son livre blanc « Actionnariat en France : Agissons d’urgence pour la Croissance » a choisi de défendre avec ses partenaires et notamment la F2iC, une proposition originale qui permettrait de redonner confiance à nos jeunes générations dans notre tissu économique Français. Il s’agit de créer un PEA (Plan Epargne en Actions) jeunes.

Ce placement permettrait à des jeunes de s’initier aux rouages économiques, financiers et boursiers tout en découvrant la part de risques inhérents aux investissements actions.

Aujourd’hui, les jeunes, même majeurs, ne peuvent pas être titulaires d’un PEA tant qu’ils ne sont pas eux même contribuables. Ce PEA jeunes fonctionnerait selon les mêmes règles que le PEA ou le PEA PME-ETI, sous réserve de quelques aménagements :

– le PEA jeunes serait réservé aux jeunes ayant 16 ans révolus ;

– le plafond de versements serait limité à 25.000 euros ;

– ces versements seraient exonérés de droits de mutation s’ils proviennent d’une donation des parents ou grands-parents ;

– le basculement sur le PEA classique, ou sur le PEA PME-ETI si les titres inscrits respectent les conditions d’éligibilité à ce plan, s’effectuerait au choix du titulaire dès qu’il devient contribuable, les versements effectués dans le PEA jeunes étant alors pris en compte pour apprécier la limite des versements.

Un enjeu crucial

La participation des jeunes Français au financement de nos entreprises, et plus largement leur intégration à notre système économique dont ils se sentent trop souvent exclus, est un enjeu crucial pour l’avenir économique de notre pays.

Il appartient aux acteurs économiques, aux pouvoirs publics de les rendre acteurs de cette dynamique actionnariale qui est entre leurs mains.

 

Par Michel Rollier et Charles-Henri d’Auvigny

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